FAQ citoyenne
Les questions que se posent les citoyens, avec des réponses courtes. Chaque réponse s'appuie sur une source officielle consultable en un clic, selon la règle de la série : ne me croyez pas, vérifiez.
Pourquoi l'abstention augmente-t-elle en France ?
En 2022, selon l'INSEE, seul un électeur sur trois a voté à tous les tours de l'élection présidentielle et des élections législatives. Les travaux documentent plusieurs causes qui se cumulent : la défiance envers les responsables politiques, mesurée chaque année par le Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, le sentiment que le vote ne change pas les politiques menées, et la mal-inscription sur les listes électorales, étudiée par les politistes Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen.
Sources : INSEE, Insee Première n° 1928, 2022 ; CEVIPOF, Baromètre de la confiance politique
L'abstention est-elle vraiment le premier parti de France ?
À la plupart des scrutins récents hors présidentielle (législatives, européennes, régionales, départementales), le nombre d'électeurs qui se sont abstenus dépasse le nombre de voix obtenues par le parti arrivé en tête. Les résultats officiels du ministère de l'Intérieur, archivés scrutin par scrutin depuis 1958, permettent à chacun de le vérifier.
Source : Ministère de l'Intérieur, archives des résultats électoraux
Voter blanc, est-ce que ça compte ?
Depuis la loi du 21 février 2014, les bulletins blancs sont décomptés séparément et mentionnés dans les résultats officiels : une enveloppe vide est comptée comme un vote blanc. Mais ils n'entrent pas dans les suffrages exprimés : un vote blanc ne modifie ni le résultat de l'élection, ni les seuils de qualification. Il est enregistré, puis sans effet.
Sources : Loi n° 2014-172 du 21 février 2014, sur Légifrance ; Vie publique, questions-réponses sur le vote blanc
Les présidents tiennent-ils leurs promesses de campagne ?
Partiellement. Ce site compare, sources à l'appui, les promesses des campagnes de 2007, 2012, 2017 et 2022 avec les actes des quinquennats. Des promesses tenues existent, presque toujours indolores pour le pouvoir : baisses d'impôts, dépenses nouvelles. Mais sous trois présidents de trois couleurs politiques, toutes les promesses qui impliquaient de partager le pouvoir (proportionnelle, référendums, reprise sans filtre des propositions citoyennes, exemplarité) ont été rompues, et jamais dans le sens de donner plus de pouvoir aux citoyens.
Vérifier soi-même : 2007 (Sarkozy) ; 2012 (Hollande) ; 2017 (Macron) ; 2022 (Macron) ; lire la conclusion
Qu'est-ce que le 49.3 et combien de fois a-t-il été utilisé ?
L'article 49 alinéa 3 de la Constitution permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote de l'Assemblée nationale, sauf motion de censure. La page officielle de l'Assemblée nationale recense 116 engagements de responsabilité depuis 1958, dont 28 pour Michel Rocard et 23 pour Élisabeth Borne. La réforme des retraites de 2023 a été adoptée par cette voie le 16 mars 2023, puis validée pour l'essentiel par le Conseil constitutionnel.
Sources : Assemblée nationale, engagements de responsabilité depuis 1958 ; Conseil constitutionnel, décision n° 2023-849 DC du 14 avril 2023
La réforme des retraites a-t-elle été votée par les députés ?
Non. Le 16 mars 2023, le gouvernement a engagé sa responsabilité au titre de l'article 49 alinéa 3 : le texte est alors considéré comme adopté sans vote de l'Assemblée nationale, sauf motion de censure. La motion de censure déposée a été rejetée le 20 mars 2023 avec 278 voix pour, à neuf voix de la majorité requise (scrutin public n° 1240). Le Conseil constitutionnel a ensuite validé l'essentiel de la loi, qui porte l'âge légal de départ de 62 à 64 ans.
Sources : Assemblée nationale, scrutin public n° 1240 du 20 mars 2023 ; Conseil constitutionnel, décision n° 2023-849 DC
Que s'est-il passé après le référendum de 2005 ?
Le 29 mai 2005, les Français ont rejeté par référendum le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Trois ans plus tard, le traité de Lisbonne, qui en conservait la substance selon les mots mêmes d'Angela Merkel, a été ratifié par la voie parlementaire : révision constitutionnelle votée par le Congrès le 4 février 2008, puis loi de ratification du 13 février 2008. Aucun nouveau référendum n'a été organisé en France depuis 2005.
Sources : Loi constitutionnelle n° 2008-103 du 4 février 2008 ; Loi n° 2008-125 du 13 février 2008 ; Toute l'Europe, déclaration d'Angela Merkel, juin 2007
Qu'est-ce que le référendum d'initiative partagée (RIP) ?
Créé par la révision constitutionnelle de 2008, le référendum d'initiative partagée est prévu à l'article 11 alinéa 3 de la Constitution. Il exige d'abord la signature d'un cinquième des membres du Parlement, puis le soutien d'un dixième du corps électoral, soit près de cinq millions d'électeurs, avant même qu'un référendum puisse être envisagé. Depuis sa création, aucune procédure n'est allée au bout.
Pourquoi les gouvernements tombent-ils les uns après les autres ?
Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale décidée le 9 juin 2024, aucune majorité absolue ne s'est dégagée. Le 4 décembre 2024, le gouvernement de Michel Barnier a été censuré par 331 voix, première censure aboutie depuis 1962 (scrutin n° 519). Le 8 septembre 2025, l'Assemblée a refusé la confiance au gouvernement de François Bayrou par 364 voix contre 194 (scrutin n° 3054).
Sources : Décret du 9 juin 2024 portant dissolution de l'Assemblée nationale ; Assemblée nationale, scrutin n° 519 du 4 décembre 2024 ; Assemblée nationale, scrutin n° 3054 du 8 septembre 2025
Un Premier ministre doit-il obtenir la confiance de l'Assemblée nationale ?
L'article 49 alinéa 1 de la Constitution prévoit que le Premier ministre engage la responsabilité du gouvernement sur son programme ou sur une déclaration de politique générale. En pratique, ce vote est devenu facultatif : ni Élisabeth Borne en 2022, ni Gabriel Attal ni Michel Barnier en 2024 ne l'ont sollicité. Élisabeth Borne l'a justifié ainsi : on pouvait avoir un vote de confiance, mais un vote de confiance qui ne disait rien. François Bayrou l'a demandé le 8 septembre 2025 : la confiance lui a été refusée par 364 voix contre 194.
Sources : Constitution, article 49, sur Légifrance ; LCP, les précédents sous la Ve République ; Assemblée nationale, scrutin n° 3054 du 8 septembre 2025
Un ministre mis en examen doit-il démissionner ?
Aucune règle de droit ne l'impose : c'est un engagement politique. Le 2 mars 2017, le candidat Emmanuel Macron déclarait qu'un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu'il est mis en examen. Le 16 juillet 2021, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a été mis en examen pour prise illégale d'intérêts et maintenu en fonction, le Premier ministre lui renouvelant sa confiance le jour même. Jugé par la Cour de justice de la République en novembre 2023, une première pour un garde des Sceaux en exercice, il a été relaxé le 29 novembre 2023 et est resté au gouvernement pendant toute la procédure.
Sources : INA, déclaration d'Emmanuel Macron, mars 2017 ; Public Sénat, procès devant la CJR, novembre 2023 ; Public Sénat, relaxe du 29 novembre 2023
Pourquoi la loi immigration de 2024 a-t-elle été en partie censurée ?
La loi pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration a été promulguée le 26 janvier 2024 après la décision n° 2023-863 DC du Conseil constitutionnel, qui a déclaré contraires à la Constitution, en tout ou partie, une trentaine d'articles du texte voté. L'essentiel de ces censures vise des cavaliers législatifs : des dispositions ajoutées au cours du débat parlementaire sans lien avec le projet de loi initial.
Sources : Conseil constitutionnel, décision n° 2023-863 DC du 25 janvier 2024 ; Loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, sur Légifrance
Les cabinets de conseil ont-ils vraiment influencé les décisions publiques ?
Une commission d'enquête du Sénat a documenté en 2022 ce qu'elle a appelé un phénomène tentaculaire : le recours croissant de l'État aux cabinets de conseil privés, pour plus d'un milliard d'euros de dépenses en 2021, y compris sur des politiques publiques majeures. Le rapport complet est public et consultable en ligne.
Source : Sénat, rapport de la commission d'enquête sur l'influence des cabinets de conseil, mars 2022
Pourquoi la dette publique augmente-t-elle sans arrêt ?
Parce que le budget de l'État est voté en déficit chaque année depuis le milieu des années 1970 : chaque déficit annuel s'ajoute à la dette, qui ne peut donc que croître. Les séries trimestrielles de l'INSEE retracent cette progression continue de la dette au sens de Maastricht, et la Cour des comptes analyse chaque année l'exécution du budget et ses déséquilibres.
Sources : INSEE, dette des administrations publiques au sens de Maastricht ; Cour des comptes, Le budget de l'État en 2023
Qui possède les grands médias français ?
L'essentiel des grands médias privés appartient à un petit nombre de groupes industriels et financiers, dont les activités principales sont extérieures à la presse. Une commission d'enquête du Sénat a documenté cette concentration en 2022. Exemple récent : le rachat de BFM-TV et RMC par l'armateur CMA CGM pour 1,55 milliard d'euros, finalisé en juillet 2024.
Sources : Sénat, rapport de la commission d'enquête sur la concentration des médias, 2022 ; Le Monde, 15 mars 2024
Existe-t-il des démocraties plus directes que la nôtre ?
Oui. La Constitution fédérale suisse organise une souveraineté citoyenne permanente : 100 000 citoyens peuvent proposer une révision constitutionnelle soumise à votation (initiative populaire, article 139), et 50 000 citoyens peuvent exiger qu'une loi votée par le Parlement soit soumise au vote du peuple (référendum facultatif, article 141). Ces outils sont utilisés plusieurs fois par an depuis plus d'un siècle.
Toutes les affirmations des livres de la série sont sourcées de la même manière. Consulter toutes les sources de la série ou découvrir les livres.